Les coupures budgétaires dans les bibliothèques

28/02/2016 14:46

 Aujourd'hui, je vais aborder un sujet d'actualité qui me tient particulièrement à cœur. Et oui, il concerne la lecture. Il s'agit des coupures budgétaires dans la lecture et dans les emplois de professeurs dans les classes. J'ai décidé d'en parler avec vous aujourd'hui, car je pense que c'est un sujet chaud, important, et j'aimerais vraiment que mon opinion soit entendue.

 

Pour commencer, je dois vous dire que j'ai toujours adoré les histoires. Quand je ne savais pas lire, l'histoire avant d'aller dormir était un de mes moments forts de la journée. Quand je suis rentrée en première année, apprendre à lire et à écrire a été pour moi un moment que j'attendais depuis longtemps. Depuis, je ne sors jamais de chez moi sans un livre. Pourtant, c'est aussi quand j'étais en première année que ma professeure se doutait que j'avais un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité. Alors, mes parents m'ont fait voir un spécialiste. Ma professeure avait raison.

 

Mes parents et moi avons toujours appréciés de savoir que j'avais un TDAH. Après tout, je suis aussi quelqu'un qui prend plus de temps pour comprendre ce qu'on m'apprend que les autres. Alors, le fait que la médicamentation m'aide à rester concentrée fait en sorte que ce soit plus facile pour moi d'apprendre, même si c'est à ma vitesse. 

 

Il faut aussi que je vous dise que ma passion pour la lecture m'a permis d'être seule et de ne pas en souffrir. Alors, j'ai lu, j'ai lu à en lire presque tous les livres de la bibliothèque de mon école primaire et mon école secondaire. C'est ce qui m'a permis de passer au travers de mes différences, de ma solitude, voir même de certaines de mes crises d'angoisses. Pourtant, le gouvernement Couillard pense couper dans les bibliothèques scolaires. Suis-je sensée regarder le gouvernement pour lequel le Québec a voté coupé dans une des rares choses qui m'apportaient et qui m'apportent encore du réconfort?

 

Une fois au secondaire, voyant les difficultés que j'avais, mes parents ont tout fait pour que j'aie un cours en moins, afin que je puisse y avancer mes devoirs et donc me coucher plus tôt le soir. Je dois dire que j'ai de bons parents et que j'ai eu une direction et des professeurs à l'écoute de mes besoins. En plus, chacun de mes professeurs prenaient du temps pour m'aider, pour m'expliquer, etc. Cependant, c'est parce qu'ils avaient le temps de faire cela. Or, si le gouvernement veut couper là-dedans, comment aurais-je réussi mon secondaire, malgré mes efforts et ceux de mes parents? Après tout, si j'avais eu moins d'écoute des professeurs, l'histoire aurait peut-être été différente.

 

Aujourd'hui, je suis au cegep. J'ai encore un TDAH. Pourtant, je  sais que les gens qui sont dans la même classe que moi ne devinent pas que j'ai un TDAH. Il faut vraiment que je leur dise pour qu'ils sachent. Je peux vous dire que cela est grâce à mes parents, mes professeurs et ma direction et la lecture. Cependant, la seule chose de cette liste dont le gouvernement ne peut pas couper, ce sont dans mes parents. Or, je sais qu'il n'y a pas toujours de bons parents dans la balance d'un enfant avec des problèmes. Alors, quelle serait l'aide à cet enfant?

 

Pour conclure, j'aimerais vraiment vous dire que, peu importe ce que vous en penser, je ne serais pas au cégep dans un domaine que j'aime si je n'avais pas mes parents, la lecture et si je n'avais jamais eu l'aide des professeurs et de la direction. Alors, si je devais refaire mon primaire et mon secondaire sans pouvoir lire autant, sans avoir des professeurs à mon écoute ou qui ont le temps de m'expliquer ou même si Dieu, le destin ou appelez cela comme vous voulez, ne m'avait pas donné d'aussi bons parents.  Donc, je ne serais pas encore motivée à me lever tous les matins pour faire une heure de trajet pour me rendre jusqu'à mon école. Après tout, mon programme ne se donne pas dans le cégep de ma ville. En plus, quand je pense à la personne que j'étais quand je suis rentrée au secondaire, je m'aperçois que j'ai grandi en tant que personne depuis. La plus grande partie revient à mes parents, bien sûr, mais il y a ensuite la lecture, les professeurs et mon moi-même. Or, il y a des fois ou tu ne t'aperçois pas nécessairement qu'il faut des améliorations. C'est pourtant ce que mes parents ont fait. Je vous demande donc: s'il vous reste seulement vous, il n'y aura pas nécessairement d'améliorations. Pourtant, aurais-ce bien ce que vous auriez voulu pour les gens qui n'osent pas parler d'eux-mêmes, qui sont seuls et qui doivent rester seuls à cause des coupures?